Moartea regelui Ferdinand reflectată în L’Action française

Reluăm publicarea articolelor dedicate României în revista L'Action française , sub semnătura istoricului Jacques Bainville. De data aceasta, într-un articol din 21 iulie 1927, este vorba despre decesul regelui Ferdinand I (care se petrece la 20 iulie, cu o zi înainte). Meritele incontestabile ale monarhului român în ce priveşte Marea Unire din 1918 sunt recunoscute şi scoase în evidenţă prin contrast atât cu situaţia geopolitică dificilă în care se găsea România, dar şi cu sentimentele probabil contradictorii care-l încercaseră pe rege înainte de a se hotărî să meargă în luptă alături de Aliaţi şi contra Germaniei. Comparaţia cu regele Victor Emanuel al III-lea al Italiei este mai mult decât oportună.

În plus, Bainville scoate în evidenţă contribuţiile notabile ale familiei Brătianu în asigurarea fermităţii politicii statului român. Mereu alături de coroană, această familie era la vremea aceea o garanţie că succesiune puterii după dispariţia regelui se va face în ordine. Revenirea la putere a guvernului Ion I. C. Brătianu (din 22 iunie, cu o lună înainte de moartea regelui) putea să-l facă pe rege să spună "Acum pot să mor". 

 

La mort de Ferdinand 1 er

LE roi de Roumanie est mort hier après une longue maladie, véritable calvaire. Sur son lit de mort, il a dû encore régler la succession au trône et préparer la transmission de l'autorité roumaine au Conseil de régence. Il fallait en outre que le pouvoir fût entre des mains fermes et sûres. On dirait que Ferdinand 1er a rassemblé assez de force pour résister à son mal jusqu'au moment où les Bratiano ont été là.
Depuis les premiers jours de son histoire moderne, la Roumanie a trouvé cette famille d'hommes d'État aux côtés de la monarchie. Elle la retrouve encore et c'est la garantie que tout se passera avec ordre et régularité. Lorsqu'un Bratiano a été de nouveau premier ministre, Ferdinand 1er a pensé : « Maintenant, je puis mourir. »
La couronne nationalise ceux qui la portent. C'est une expérience qui a été faite partout avec le même succès, mais jamais peut-être avec la même plénitude que par la dynastie roumaine. Ferdinand 1er était un Hohenzollern. Il était né dans la petite principauté de Sigmaringen d'où son oncle était parti un jour pour régner, malgré l'Europe, aux bords du Danube. Toute sa jeunesse s'était passée dans le prestige et l'éclat de l'empire allemand. Comme son oncle, il avait sans doute des sympathies pour l'Allemagne, comme il avait des liens de famille avec le roi de Prusse. Cependant, l'heure venue, en 1916, il n'hésita pas à entrer en lutte avec les deux empires du centre pour répondre aux aspirations de son pays et, dans une situation identique à celle du roi Victor-Emmanuel inclinant la balance en faveur de l'intervention, achever l'unité roumaine.
Sombre épisode de la guerre, qui ne couvrit pas de gloire les Alliés, et où l'État roumain abandonné et trahi faillit périr. Ferdinand 1er ne changea pourtant ni de camp, ni d'idée, ni d'espérance. L'événement final lui donna raison. En 1918, la Roumanie trouvait toutes ses frontières nationales. Et Ferdinand 1er, en refoulant ses sentiments intimes, avait rempli sa mission. Ou plutôt, il n'en avait rempli que la première partie. Il restait à assimiler les provinces qui venaient presque doubler l'ancien royaume. Qu'on imagine la réunion d'une Alsace-Lorraine aussi grande que la France et dont la communauté, au lieu de remonter à moins d'un demi-siècle d'annexion, n'eût résidé que dans de lointains souvenirs. Voilà pourtant comment s'est constituée une grande Roumanie, aussi unie, aussi ordonnée que l'ancienne, parce que – M. Diamandy, son très distingué représentant à Paris le rappelait récemment – elle a encore, dans sa dynastie, le point d'appui qui ne lui a jamais manqué depuis 1866. Comme si les épreuves étaient réservées à la Roumanie pour
qu'elle en triomphât, ce sont des difficultés dynastiques qui ont occupé les derniers jours de Ferdinand 1er. Là aussi il a imposé silence à ses sentiments. Il n'a écouté que l'intérêt de l'État. Il a été jusqu'au bout l'esclave du devoir professionnel. Chose rare : les Roumains savent et reconnaissent les services qu'il leur a rendus. C'est la seule récompense du métier de roi, comme le sacrifice de soi-même en est la condition.
L'Action française, 21 juillet 1927.  

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